Mardi 30 septembre 2008


Voilà plus d’un an que le terme « subprimes » est entré dans le vocabulaire des français tout en restant particulièrement abstrait. Voici qu’aujourd’hui c’est de manière nettement plus concrète que nos concitoyens prennent la mesure d’une crise qu’ils pensaient ne jamais voir arriver jusqu’au pas de leur porte.


Jusqu’à présent, nous n’entendions parler que de chiffres. Les valeurs boursières chutaient puis remontaient avant de sombrer à nouveau. Des courbes et des chiffres, représentant la valeur de nos entreprises mais n’ayant pas, dans l’immédiat, de conséquences sur le quotidien de la grande majorité des français.

Puis vinrent les premières faillites, aux Etats-Unis, de banques victimes de leurs « créances pourries ». En France, où l’activité économique était déjà réduite depuis le début de l’année (en témoigne la faiblesse record de la consommation des ménages durant les dernières vacances d’été), le pessimisme a gagné nos entreprises et ce sont 41300 demandeurs d’emplois supplémentaires qui se sont présentés à l’ANPE en Août (augmentation record depuis 15 ans). Pour la majorité, ce sont les intérimaires, première « variable d’ajustement » de l’emploi, qui en ont fait les frais.

Au fort ralentissement de la consommation vient aujourd’hui s’ajouter un ralentissement inévitable de l’investissement. En effet, le marasme actuel n’est pas favorable à l’emprunt, d’autant plus dans le cadre d’une crise provoquée par des banques souvent coupables d’avoir trop prêté.




Dans le monde entier, c’est aujourd’hui sur la stratégie à adopter que les avis se divisent.

Le gouvernement américain semble avoir choisi la voie de l’interventionnisme avec le plan Paulson de stabilisation de l’économie, visant à réinjecter 700 milliards de dollars dans le système américain. Pour les américains, la méthode n’est pas nouvelle puisque la FED l’a très souvent utilisée, sur des montants restés bien inférieurs.

Cependant, le plan Paulson a déjà été rejeté à deux reprises par les élus du congrès et ce en raison de l’hostilité d’une majorité d’américains pour lesquels le marché doit se réguler par lui même. En effet, beaucoup ne comprennent pas pourquoi les marchés financiers pourraient profiter de leurs beaux jours sans subir les conséquences de leurs excès ou de leurs échecs. Pour ces derniers, si une banque doit faire faillite, c’est qu’elle a nécessairement fait de mauvais choix ou pris de trop gros risques ; alors elle seule doit en assumer les conséquences. La théorie libérale veut qu’à l’issue de la crise, seuls les banques et organismes les plus sérieux aient survécus et récoltent alors les bénéfices de leur solidité. A l’appui de cette théorie, certains économistes rappellent qu’à l’issue de la crise, l’inflation aura cessé et qu’à long terme, le pouvoir d’achat en sortira renforcé pour une nouvelle période de croissance.

En France, le gouvernement semble vouloir agir à l’instar de ses homologues américains. Le Président a tenté de rassurer, dans son discours de Toulon, en affirmant avec vigueur que l’Etat ne laisserait pas tomber les épargnants français. Déjà les premiers actes avec le sauvetage la nuit dernière, du banquier et assureur Dexia, par les gouvernements français et belges. Cependant, cette prise de participation (à hauteur de 53% du capital) est à relativiser dans la mesure où Dexia tient le rôle de caisse des dépôts en Belgique et constitue la principale voie de financement des collectivités locales en France. Dexia gérant donc en majorité des fonds publics, il eut été trop risqué pour la France et la Belgique de la laisser aux lois du libéralisme.

La question se pose alors de savoir que fera la France en cas de menace directe d’une banque gérant des fonds issus de l’épargne privée. Pour beaucoup, la question ne se pose pas dans la mesure où les banques françaises, fortes de leur réseau de détail, ne sont pas directement menacées dans leur existence. Cependant, si ces derniers venaient à se tromper, alors la France devrait choisir entre une intervention coûteuse, artificielle et sans garanties ; ou une passivité libérale laissant le marché s’autoréguler par le biais de faillites, dont beaucoup de particuliers pourraient souffrir. Nul doute qu’en sauvant Dexia, la France a pris un risque, car peu d’épargnants comprendraient alors que l’Etat n’aide pas leur banque si d’aventure elle en avait besoin.





Par Arnaud Akermann - Publié dans : Politique intérieure
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 3 avril 2008



Les amateurs du ballon rond, les supporters du RC Lens ou du Paris Saint Germain ont assisté samedi soir à un bon match de football. Comme trop souvent, la décision s'est faite au bon vouloir de l'arbitre et paraît bien cruelle pour les lensois mais le spectacle fut bon et les joueurs ont redoublé d'envie et de bonnes intentions de part et d'autre.

Au lendemain du match, ce n'est pourtant ni le jeu, ni l'arbitrage, qui alimentent les colonnes de nos journaux, mais bien une triste banderole dégainée par des supporters Parisiens en réponse à l'égalisation lensoise. «Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch'tis». Destiné initialement à provoquer les supporters adverses, il faut bien avouer que le message est inadmissible ! L'opinion publique s'est d'ailleurs fortement émue de la violence du message adressé aux ch'tis, d'autant plus dans une période ou la France découvre un peu plus ce peuple sympathique par l'intermédiaire du film de Dany Boon. Il est simplement à regretter que tous les peuples insultés lors des matchs de football n'aient pas droit aux mêmes égards de la presse, j'en veux pour preuve cette banderole déployée par les supporters Lyonnais lors d'un derby contre l'AS Saint Etienne:


"Stephanois, ordures consanguines !": ce message tout aussi choquant n'avait pourtant pas trouvé écho ni dans la presse, ni dans l'opinion. 


La violence des mots, que l'on érige trop souvent en exclusivité parisienne, et pourtant bien présente dans tous les stades de foot. Il convient donc qu'elle soit partout médiatisée sur un pied d'égalité, et punie quelque soit le maillot des supporters coupables. Malheureusement pour nous parisiens, il est parfois trop tentant de ternir le blason bleu et rouge et de s'y acharner tellement qu'on en oublie les autres stades.

Mais revenons-en à l'acte qui nous intéresse aujourd'hui, celui des supporters parisiens; il relève de la loi pénale et ne va évidemment pas rester sans suite. Le système de vidéosurveillance du stade de France, soutenu par le suivi individuel des billets, devrait suffire à condamner les quelques fautifs suffisamment sévèrement pour qu'ils n'y reviennent plus. Quand je parle de sévérité je ne parle pas des traditionnels quatre matchs d'interdiction de stade mais bien d'une vraie condamnation des supporters coupables à des peines d'interdiction de stade de plusieurs dizaines de mois.

Cette solution me semble être la seule, vraie, bonne solution et j'en viens maintenant aux summum de la bêtise et de la démagogie atteint par certains dirigeants et responsables du football français qui souhaiteraient que le PSG soit condamné, que la Coupe de la ligue lui soit retirée, ou que le match soit rejoué !

Les clubs de football sont des entreprises à objet sportif dont le but est de disputer des compétitions et d'en tirer un bénéfice. Les "supporters" ne sont ni plus ni moins que les clients des clubs de football, ils paient pour aller voir un spectacle. La véritable question est donc de savoir si oui ou non les entreprises doivent être tenues pour responsables des agissements de leur clientèle. Juridiquement, c'est normalement à l'organisateur d'un évènement, qu'il soit sportif ou non, d'en assurer le bon déroulement lorsque l'évènement a lieu dans un cadre privé. Lorsque l'évènement se déroule sur la voie publique, c'est alors à l'Etat ou aux collectivités locales de se charger d'assurer l'ordre. La coupe de la ligue étant organisée par la Ligue nationale de Football sur un terrain privé, c'est donc bien à cette dernière de s'arranger pour éviter ce genre de débordements. Le Président de la République ne s'y est d'ailleurs pas trompé puisqu'ayant vu la banderole, c'est bien à Mr Tiriez, président de la ligue et non à Mr Quezac, président du PSG, qu'il demanda de faire en sorte qu'elle soit retirée sous trois minutes. 

La finale de la coupe de la Ligue se tenait comme tous les ans au Stade de France, qui n'est pas le stade du Paris Saint Germain mais qui a été loué par la Ligue nationale de football pour l'organisation de sa Finale. Comble de l'hypocrisie, c'est la Ligue, qui plutôt que d'avouer sa faiblesse, envisage maintenant de sanctionner le PSG en lui retirant des points en championnat. A supposer que le PSG soit sanctionné, la décision de retrait de points devra nécessairement porter la mention "coupable d'être aimé par des cons" car ce n'est ni plus ni moins que ce qu'on lui reproche. La Ligue, qui reste seule responsable de la sécurité durant les évènements qu'elle organise dans une enceinte privée, ferait bien d'arrêter l'hypocrisie dans laquelle elle s'enterre actuellement..

Ma conviction, et la réalité juridique, c'est que la faute sportive requiert une sanction sportive et que la faute pénale requiert une sanction pénale. La faute sportive est celle qui se déroule sur l'aire de jeu, et dans le cadre d'une compétition sportive. La banderole en question et certes un tacle rude à l'encontre du peuple nordiste, mais n'en constitue pas pour autant une faute sportive. La banderole doit donc être appréciée du point de vue du droit pénal, qui autorise les juges à condamner le coupable comme le complice. Je demande donc au bien pensant du football, ceux qui ne voient au parc de princes que des fascistes, de me démontrer l'existence d'une complicité du Paris Saint Germain dans le déroulement de cette banderole. Si complicité il y avait, le Paris Saint Germain étant une entreprise, il serait passible d'une peine pénale sous forme d'amende. La sanction sportive du Paris Saint Germain serait donc à mon sens abusive et serait d'ailleurs certainement frappée d'appel par le Club de la capitale.

Rappelons qu'il existe un précédent en ce qui concerne le mélange sanction pénale, sanction sportive. C'est le cas de l'AS Saint Etienne. Le club du Forez avait été condamné en 2000/2001 à une sanction pénale pour avoir trafiqué le passeport deux de ses joueurs. La Ligue avait à l'époque jugé que la faute pénale de l'ASSE avait avantagé le club puisque les deux joueurs avaient joué irrégulièrement durant une bonne partie de la saison. La faute pénale devenait donc une faute sportive et le Tribunal administratif de Lyon avait logiquement jugé que la sanction de 7 points était parfaitement justifiée. Dans le cas du Paris saint germain, il est ridicule de prétendre que la banderole en question ait pu avantager sportivement le club de la capitale.

Malheureusement, des cas récents ont démontré que la Ligue de Football ne faisait que peu de fait de la notion de culpabilité en sanctionnant sportivement des clubs comme Metz ou Bastia pour des fautes pénales commises par certains cons parmi leurs "clients", sans pour autant qu'il ne soit démontré que ces fautes aient eu des conséquences d'un point de vue sportif. En toute logique les clubs concernés devraient faire appel et il y a fort à souhaiter que les Tribunaux administratifs ne rappellent à la Ligue dans quelles limites elle doit exercer son pouvoir de régulateur sportif.

 

Edition au 20 septembre 2008.

Jeudi 14 août 2008, le Tribunal administratif de Paris a annulé la décision par laquelle la Fédération Française de Football avait décidé d'exclure le Paris Saint Germain de la prochaine coupe de la ligue. Le tribunal n'a pas relevé de faute de la part du club et a rappelé que ce dernier n'était pas l'organisateur de l'évènement.

Par Arnaud Akermann - Publié dans : Société
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 31 mars 2008



Qui connaît l’archipel des Comores ? Beaucoup en ont récemment entendu parler, certains savent même où il se trouve, peu connaissent son histoire et encore moins s’y sont rendu. Cet archipel comprend trois îles formant l’Etat des Comores, et une île, Mayotte, bénéficiant du statut de collectivité d’outre mer française. Récemment l’une des îles de l’archipel, celle d’Anjouan, sous souveraineté comorienne a connu des troubles ayant rayonnés jusque sur l’île Française.

Tout débute en juin 2007 dans l’île d’Anjouan, sous souveraineté comorienne, alors que le colonel Mohammed Bacar, le « Amin Dada » local, était réélu à la tête de l’île dans des conditions de scrutin dont les républiques bananières ont le secret… autrement dit dans l’illégalité la plus totale, à faire pâlir les juges chargés actuellement d’instruire l’affaire des 3 bulletins « chaussettes » glissés frauduleusement dans les urnes lors des municipales à Perpignan.
Ce dernier installa alors une dictature insulaire aux velléités sécessionnistes qui lui valu très vite l’hostilité à la fois de la population locale et du gouvernement comorien.

Son sort fut finalement scellé par une intervention militaire, la semaine dernière, organisée par les forces régulières comoriennes appuyées par l’Union Africaine. Intervention aux allures presque comiques. Deux hélicoptères avaient été loués par le gouvernement comorien quelques jours plus tôt pour lâcher des tracts au dessus de l’île d’Anjouan afin de prévenir la population de ne pas sortir de chez elle. Tôt le lendemain, une escadre effrayante s’approchait des côtes d’Anjouan. Une frégate de guerre comorienne, ou plutôt un chalutier sur lequel avait été chargé un mortier commençait à tirer sur Mutsamudu, la capitale de l’île, à un rythme effroyable de quelques obus par heure. Ce pilonnage intensif ayant semé la panique dans la capitale (5 personnes aux urgences et un chat porté disparu) les troupes d’assaut pouvaient débarquer dans la baie. Quatre gros bateaux de pêche avaient été réquisitionnés par le gouvernement comorien et s’avançaient en deux groupes pour débarquer un petit millier de soldats, appuyés fièrement par un contingent de zodiac dépêchés par l’Union Africaine. A peine avaient ils mis pied à terre que les libérateurs pouvaient constater la fuite du « Président Bacar » et de la centaine d’hommes qui lui suffisait à faire régner la terreur sur son île.


 

Un soldat de l’Union africaine affirmait alors avoir aperçu Bacar s’enfuir accompagné d’une vingtaine d’hommes à bord de deux pirogues à moteur et, pour ajouter au ridicule, assurait avoir vu Bacar se travestir en femme.

Bouté hors de son île, Bacar et 22 de ses compères armés débarquèrent alors sur l’île française de Mayotte en espérant y trouver asile et surtout une justice qui ne se fait pas à coup de machette.

Très vite, les 23 rebelles en treillis, armés de l’effroyable fusil semi automatique « Chassepot » utilisé par l’armée française un peu avant 1870 et de grenades attachées à la ceinture se retrouvent nez à nez avec la maréchaussée locale, en l’occurrence la Police Nationale française qui, ni une ni deux, leur tendit l’article 222-42 du code pénal relatif à la détention d’arme sans permis ainsi que l’article incriminant l’absence de carte de séjour sur le sol français… La scène est digne d’un mauvais film de série B. Elle a pourtant bien eu lieu.

Mais arrêtons-nous là et revenons un peu en arrière afin de comprendre comment on a pu en arriver en 2008 à tel choc des cultures entres deux iles appartenant au même archipel.

La genèse de cette scène s’est jouée en 1975, lorsqu’en pleine décolonisation les 4 îles comoriennes alors sous tutelle française, furent appelées à voter pour ou contre leur indépendance. Trois d’entres elles, (dont Anjouan à 99,5%) se prononcèrent alors favorablement et se regroupèrent au sein d’un même pays souverain : L'Union des Comores. Mayotte en revanche, préféra rester française.

Les mahorais ne réalisèrent sans doute pas à cette époque qu’il venaient de gagner le jackpot et qu’il deviendraient en l’espace de 10 ans, les "nantis de l’archipel", l'incarnation allégorique du voisin qu’ont jalouse tout les matins en sortant de chez soi, dont la grosse voiture est toujours propre, la pelouse toujours bien coupée et qui nage dans l’opulence.

En effet, en refusant de devenir indépendante en 1975, Mayotte venait de toucher un magot sous forme de dotations budgétaires de l’Etat français qui tombent tout les ans assurant ainsi des services publics, une sécurité sociale, des équipements de qualité, une éducation gratuite, etc… C’est la fable du chien et du loup, de Lafontaine, dont visiblement, beaucoup de comoriens veulent devenir les chiens. Depuis, quelques années les expulsions de Mayotte se comptent par dizaines de milliers. L’immigration clandestine est devenue le problème majeur de la collectivité. A tel point que, Mr Estrosi, ancien secrétaire d’Etat à l’outre-mer avait parlé d’instaurer le droit du sang à Mayotte. Il semble toutefois que ce point ne soit plus à l’ordre du jour depuis qu’Yves Jégo a repris la fonction.

Le comble fut atteint en 1997 lorsque l’île d’Anjouan réclama finalement son rattachement à la France (oui, oui ! Celle là même qui avait voté pour son indépendance à 99,5%). Pour cela, elle n’hésita pas à hisser des drapeaux français et diffuser la marseillaise. En métropole, ce simulacre n’eut que peu d’écho, hors mis auprès du Front National qui se prononça à l’époque pour le rattachement de l’île, trop heureux de satisfaire sa nostalgie coloniale.

Mais, revenons à Mohammed Bacar. Arrêté par la police française, celui-ci fut mis en Garde à vue et transféré à Saint-Denis de La Réunion et finalement relaxé pour un vice de forme lors de la procédure d'arrestation. Entre temps, le refus par la France d’accéder à la demande d’extradition du gouvernement des Comores, fut perçu comme une tentative de protection de Bacar et entraîna une série d’émeute à Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte. Des jeunes, principalement clandestins et tous originaires d'Anjouan brûlèrent des voitures, agressèrent des métropolitains et détériorèrent la voirie. Le calme ne revint qu'au prix de renfort de gendarmerie mobile venus de la Réunion.

L’histoire prête aujourd’hui à rire, mais ne nous rappelle que trop à quel point l’Afrique reste, aujourd’hui encore, à la merci de quelques insignifiants « Chefs tribaux » autoproclamés, aussi stupides que sanguinaires et que bien souvent trois zodiacs et un bateau de pêche customisé suffisent à faire sortir de la piste.

 


Par Antoine Mazin / Arnaud Akermann - Publié dans : International
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 26 mars 2008


CAVQK3V1.jpg

 
Voilà plusieurs jours que de nombreuses personnes s'interrogent sur l'éventualité d'un boycott des jeux olympiques devant se tenir à Pékin prochainement. La question mérite d'être posée, cela ne fait pas de doute. Cependant, à écouter toutes les réactions  que le thème suscite, j'ai bien peur que les mouches ne soient en train de se tromper d'âne.
 
Un rapide coup d'œil à la situation Chinoise eu égard à sa prochaine exposition internationale, permet de tirer deux sources de préoccupation, certes proches, mais à ne pas confondre.

La première préoccupation touche aux droits de l'homme, qui ne sont toujours pas de pleine application en Chine. Je pense notamment à la liberté d'expression. En Chine, on peut effectivement remarquer que l'information est régulée à chaque extrémité de la chaîne. A chaque fois que cela est possible, l'Etat exerce sa censure dès publication, décapitant la libre information à sa source. On a pu voir récemment de quelle manière les images télévisuelles rendues publiques par les chaînes Chinoises étaient modifiées de manière à en éluder les "traits" gênants. Dans un second temps, lorsque la censure à la source n'est pas possible, l'Etat exerce une censure à l'accès en supprimant tout moyen pour les chinois de consulter les médias "déviants". Le plus souvent il s'agit de médias étrangers. La préoccupation est ici grande car on imagine le nombre de journalistes étrangers qui vont séjourner et exercer leur profession en Chine durant les Jeux Olympiques. Cependant si le point est bien préoccupant, il ne justifie pas à mon sens, un boycott des jeux. Bien au contraire, les journalistes étrangers risquent de faire scandale en Chine, durant les jeux, et ainsi d'essuyer les plâtres d'une liberté d'expression qui pourrait en tirer un immense bénéfice. Je pense sincèrement que, pour ce qui est de la liberté d'expression, le boycott n'aurait pour effet que d'isoler la Chine et d'abandonner ses médias à leur "détention" actuelle. Je suis convaincu que si les jeux se déroulent normalement, la presse Chinoise en sortira gagnante. Si les jeux sont boycottés rien ne changera.

La seconde préoccupation, la plus médiatique, ressort de la répression actuelle de la rébellion tibétaine. Cette répression d'une violence propre aux régimes communistes, inquiète à juste titre les Etats du monde entier. C'est sur ce point qu'il ne faut pas se tromper d'âne. Si les états occidentaux devaient boycotter les jeux, cela devrait être pour dénoncer le comportement répressif chinois vis-à-vis des manifestants tibétains. En revanche en aucun cas la question indépendantiste tibétaine ne doit venir peser dans la décision de boycotter ou non les jeux. La répression est une chose, la politique intérieure et la souveraineté territoriale chinoise en est une autre. En effet depuis quelques jours, certains de nos fougueux médias se prononcent carrément pour le "Tibet libre" et voudraient faire de cette idée une condition de notre participation aux Jeux. Je veux donc rappeler que la question de l'indépendance du Tibet ne nous concerne pas. La Chine est un Etat souverain, le Tibet se situe sur son territoire, la question de l'indépendance est donc un problème de politique intérieure dont aucun Etat ne doit se mêler. Cette règle me semble d'autant plus justifiée que le problème est complexe et que nous ne le connaissons que très peu.
A titre subsidiaire je dois remarquer que personne n'a encore été capable de me démontrer que le Tibet devait être indépendant autrement qu'en invoquant la gentillesse et le pacifisme incontestable des Tibétains.

Pour synthétiser mon idée, je dirai que d'un point de vue général je suis défavorable au boycott des prochains jeux olympiques dans la mesure où leur tenue normale me semble potentiellement porteuse de grands changements pour la Chine quand le boycott ne passerait que pour une désertion de plus face au communisme. Cependant si les violences au Tibet ne devaient pas s'interrompre et que la Chine devait continuer à tuer plutôt qu'à discuter, alors le boycott me semblerait trouver une justification valable. Encore faudrait-il qu'il soit suivit par tous les grands Etats du monde, de manière à ce que les conséquences négatives soient partagées car nous devons garder à l'esprit qu'un boycott aurait de lourdes conséquences que la France ne saurait être seule à subir. Pour moi, le boycott ne ferait certainement pas avancer, ni la Chine ni le Tibet et pas plus les nombreux dossiers actuellement en cours avec les autorités chinoises. Nous pourrions citer la lutte contre la contrefaçon et le trafic de stupéfiants, mais également les commandes chiffrées en milliards d'euros que la Chine a passée auprès d'Airbus ou d'Areva. Nous pourrions également nous inquiéter pour toutes les industries françaises implantées en Chine.

C'est précisément lorsque je tente de peser les conséquences d'un boycott que j'en arrive à déplorer profondément la récupération politicienne de l'affaire par des membres de l'opposition ou par des "exclus" de la majorité. Comme c'est malheureusement souvent le cas, les plus prompts à la critique sont ceux qui ne sont pas au pouvoir et qui n'ont donc aucune responsabilité à assumer. En effet le Président de la république seul aurait à porter sur ses épaules les conséquences d'un boycott dont la France pourrait fortement pâtir.
Par Arnaud Akermann - Publié dans : International
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 21 mars 2008

Il est pourtant magnifique ce "Terrible" ! Quatrième sous marin nucléaire lanceur d'engins à rejoindre les eaux territoriales françaises pour l'exercice efficace de notre force de dissuasion. Et comme le veut l'habitude en France, c'est au jour du lancement que fusent les critiques. Alors que ce quatrième SNLE est commandé et payé depuis plusieurs années, c'est maintenant que certains, s'élèvent contre cette dépense qu'ils jugent scandaleuse et sont à la limite de demander remboursement contre ticket de caisse.


488826.jpg
Image (c) AFP
 
Et oui ! Il faut nous y faire mais décidemment en France l'armée est passée de mode. Voici ce que j'ai pu lire ou entendre ça et là depuis ce matin : "un nouveau sous marin n'ajoutera pas de monnaie dans ma bourse !", "ça ne sert à rien puisqu'il n'y a plus de guerre aujourd'hui !", "cette dépense est scandaleuse, deux milliards d'euros permettraient d'accueillir tous les animaux abandonnés de France !", "c'est dégueulasse, ça fait trois ans que je demande qu'on regoudronne ma rue !", et le plus beau c'est bien évidemment le salarié en arrêt de travail depuis 3 mois parce qu'il a perdu trois cheveux à cause "des soucis" qui plaide: "on dilapide l'argent du contribuable !". Notons que personne n'a relevé conbien la construction du Terrible et de ses trois grands frères de nouvelle génération, avait donné du travail aux chantiers sous-marins de Cherbourg et à quelques milliers d'employés plusieurs années durant.
 
La réalité c'est que la nation, la souveraineté et la défense sont trois notions dont  trop de français ne veulent plus entendre parler. La réalité c'est que le français n'en veut plus que pour sa poire et que si le politique ne répond pas à son problème récurrent de fuite sous lavabo  ou de transit intestinal, il décide en représailles de ne plus aller voter puisque "ça lui change rien". Je ne voudrais pas, avec certitude, établir de lien de cause à effet, mais  il me semble tout de même que cette baisse d'intérêt pour le sort de la nation et son positionnement géopolitique, est de plus en plus accentuée à mesure que les gens qui ont connu la guerre se raréfient.
 
Ce désintéressement pour l'armée, et le sentiment qu'elle ne sert plus à rien est, à mon sens, une grave erreur. La même qui nous toucha sous le Front populaire et qui entraîna la débâcle de 39. Malheureusement, la rumeur populaire montant, le gouvernement semble bien commence à céder du terrain. Ainsi comme s'il se sentait coupable de l'inauguration de ce petit bijou, le gouvernement, par l'intermédiaire d'Hervé Morin, annonce une réduction des effectifs de tous les corps d'armée pour la période allant de 2008 à 2014. Au passage, un peu moins de 35000 emplois seraient supprimés (pour un total actuel de 348000) et aucun syndicat ne viendra installer son barbecue place de la république. De même, le fait que le sous-marin soit "lanceur d'engins" semble également difficile à assumer pour le gouvernement qui se sent du même coup obligé d'annoncer des initiatives pour le désarmement nucléaire dans le monde, la fin des essais et l'interdiction des missiles nucléaires courte distance. On croit rêver ! La France se fixe peut être des limites, mais la Chine, le Pakistan ou l'Inde feront bien ce qu'ils voudront.
 
Aujourd'hui c'est un véritable choix qui s'offre à la France. Soit on considère que l'on peut compter sur l'Europe pour nous protéger et donc désagréger peu à peu notre défense pour ne garder que de quoi défiler le 14 Juillet. C'est par exemple la méthode pratiquée par la Suisse qui  s'en porte très bien. Soit on considère que la France  n'est pas la Suisse et a un rôle à jouer en Afrique, au Moyen orient ou en Amérique du sud, et on choisit d'avoir une armée forte et présente internationalement. Quitte à débattre sur l'orientation à donner à notre armée, ayons l'honnêteté de choisir l'une ou l'autre des deux voies, mais de grâce évitons la voie actuelle,  celle qui consiste à posséder le plus beau camion, sans budget pour le remplir de carburant. Le Président Sarkozy a réaffirmé son discours de campagne selon lequel il ne toucherait pas au budget de l'armée, c'est donc plutôt la seconde voie qui semble l'emporter. Une autre étape reste à franchir, celle où la France, pays souverain et libre, assumera sa puissance militaire en arrêterant de se justifier à chaque fois qu'elle change un canon.
Par Arnaud Akermann - Publié dans : Politique intérieure
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 19 mars 2008

 

 
Le sujet fait débat actuellement, il est sensible et trop de gens le traitent, à mon sens, avec légèreté.
 
L'euthanasie est aujourd'hui en train de gagner beaucoup de partisans; je n'irai pas jusqu'à la considérer comme "à la mode" tant le sujet est grave, mais il faut avouer que les circonstances actuelles tendent à faire passer ses détracteurs pour des monstres. Pour avoir beaucoup lu sur le terrible cas de Mme Chantal Sebire, je sais combien sa douleur peut nous toucher et combien, dans un élan de compassion nous pourrions tous signer pour exaucer son triste vœu.
 
Cependant, c'est en dehors de toute circonstance particulière que je voudrai vous présenter mon opinion sur l'euthanasie.
 
Simplement sur l'idée, tout d'abord, l'euthanasie est très défendable puisqu'elle ne consiste ni plus ni moins qu'à atténuer les souffrances de quelqu'un qui ne souhaite plus vivre dans d'insoutenables conditions. Le problème devient alors de savoir si un individu détient droit de vie ou de mort sur sa personne. Sur ce point, la réponse me semble être oui. Chacun est libre de vouloir cesser de vivre, et donc de se donner la mort. A ce titre, il convient de rappeler que le suicide est légal en France, contrairement au Royaume Uni où il demeure illégal de mettre fin à ses jours. Le suicide me semble donc acceptable en l'idée puisque seule la personne détentrice de sa vie peut, par ce biais, y mettre un terme.
 
Le cas de l'euthanasie procède d'une très légère différence. L'euthanasie consiste à ce qu'une personne mette fin à la vie d'une autre. C'est là que les limites de ma conscience s'arrêtent. Mon fond Chrétien est sans doute trop présent pour me permettre d'envisager qu'une personne ne provoque activement la mort d'une autre. Cette idée m'est insupportable car on ne tient pas les statistiques des personnes qui ont tenté de se suicider, qui étaient certaines de vouloir mourir et qui reculèrent à deux doigts de la mort. C'est le cas de l'adolescente qui sait que si elle avale sa boite de médicaments entière, elle mourra, et qui finalement n'en avale que la moitié car elle n'est plus très sûre et se dit que le destin décidera.
 
C'est lors de cette phase d'exécution de son plan, que la personne suicidaire va le plus souvent reculer. Ainsi la légère nuance dont je parlais me semble être celle qui sépare l'euthanasie de l'aide au suicide. L'euthanasie consiste à ôter la vie, l'aide au suicide consiste à donner les moyens à une personne qui le désire de s'ôter la vie. Personnellement, si je devais accéder ou non à la requête d'une personne dans la situation de Mme Sebire, je choisirai de lui préparer et de lui donner le produit mortel afin qu'elle en fasse ce qu'elle veut. Elle seule serait l'exécutante de sa décision, d'autant que dans le douloureux cas d'actualité auquel je fais allusion, la demanderesse en a les capacités physiques.
 
Alors certains me diront que c'est un détail, que je chipote, que savoir qui exécute n'est pas grave puisque la décision est prise. Je réponds et je répète à ces personnes qu'à mon sens la décision de mettre fin à ses jours est largement plus facile à prendre qu'à exécuter.
 
A ce titre, je veux parler des médecins. La société, ou en tout cas sa frange favorable à l'euthanasie, a auto-désigné les médecins pour donner la mort. Il s'avère que je connais bon nombre de médecins ou de futurs médecins qui se refusent à donner la mort. Certains s'y refusent pour des raisons spirituelles, d'autres s'y refusent car ils considèrent tout simplement que ce n'est pas leur travail. Je demanderai à tous les gens qui me lisent de se mettre en situation, devant un malade, avec une seringue en main: le feriez-vous ? Moi pas. Je peux comprendre que certains le feraient sans hésitation. Cela va vous paraître d'une banalité affligeante mais franchement dans un état normal jamais je ne pourrai toucher à la vie de quelqu'un d'autre qui ne menace pas directement la mienne et quand bien même cette personne me le demanderait.
 
Je ne développerai pas la partie "décisionnelle" de l'euthanasie puisqu'elle me paraît être la moins problématique. Même si beaucoup de débats ont lieu sur ce point, pour moi c'est se tromper d'objectif. Qui décide d'euthanasier ? La réponse me paraît évidente : seul l'intéressé, éventuellement éclairé par plusieurs avis médicaux sur sa situation de santé et s'il le souhaite, entouré de ses plus proches, peut décider de mourir. Certains voudraient que les clés de la décision soient laissées à des tiers (médecins, juges, proches); cela me paraît irresponsable tant les cas peuvent pousser les tiers à se décider dans l'urgence de l'émotion. L'intervention de Bernard Kouchner ce matin sur RMC, dans laquelle il s'est déclaré en faveur de l'euthanasie de Mme Sebire me paraît en être un bon exemple.
 
Pour clore mon propos, comprenez que mon avis reste ouvert et que je respecte toutes les opinions sur un sujet si sensible. Je suis personnellement bloqué sur l'idée qu'une personne puisse tuer, mais je reste censé et sensible à la souffrance. Je trouve que la loi Leonetti est une bonne loi en ce qu'elle consiste principalement à ne pas faire d'acharnement thérapeutique. Si l'arrêt du traitement est combiné avec la prescription d'anti-douleurs puissants, l'issue me paraît plus raisonnable.

PS: Edition le Jeudi 20 Mars 2008, 11h : Le décès de Mme Chantal Sebire a été annoncé par la presse hier soir, quelques heures après la publication de cet article. Mme Sebire aura finalement rejoint le ciel sans que personne ne sache exactement comment celà s'est déroulé. Le Procureur de la république de Dijon a dit ne pas être certain de demander une autopsie, c'est peut être pas plus mal.
 
Par Arnaud Akermann - Publié dans : Société
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 17 mars 2008

    C'est un véritable lapin que les électeurs ont posé à la politique ce dimanche. Depuis le second tour de la dernière élection présidentielle, c'est un peu plus de 8 millions d'électeurs qui se sont envolés dans la nature le weekend dernier et à peine moins ce weekend. Alors certes, le 10 mars ouvrait la pêche à la truite et nul doute que quelques millions d'électeurs/pêcheurs auront préféré leur loisir favori à l'urne. Malheureusement tous les électeurs n'ont pas une si bonne excuse et le désintéressement constaté lors de ces élections municipales comme lors des précédentes reste pour moi sans explication. Et pour cause: l'échelon local est peut être bien le plus intéressant à mon sens. En effet, étant proche de nous, la politique locale laisse souvent l'agréable sentiment d'être accessible. Un maire, on le croise, on peut lui parler, il n'est pas rare de connaître personnellement un conseiller municipal, de lui faire part de nos inquiétudes comme de nos contentements. L'idée est qu'il me paraît plus facile de désespérer quant à la politique menée à l'échelon national et donc de ne pas aller voter, que de se désintéresser du pouvoir local.

images.jpeg
 
C'est pourtant l'inverse qui se produit, l'élection nationale attise bien plus l'intérêt de l'électeur tant elle est médiatique, tant elle incarne le choc des cultures et des idées. Chacun oublie pour un temps le gouffre qui a séparé durant cinq ans son quotidien des décisions nationales. Mais attention je ne parle pas de privilégier une élection par rapport à l'autre, ce qui n'aurait aucun sens. L'idéal resterait évidemment de voter à chaque fois que la nation le demande.
 
A chaque élection, lorsque la participation est faible, le débat reste le même: quelles conclusions tirer du résultat ?
 
Il y a neuf mois, Nicolas Sarkozy réunissait presque autant de voies au second tour qu'il n'y avait de votants dimanche, et tout le monde, y compris la droite, s'accorde à constater son échec après les résultats municipaux. A ce titre, je ne renouvellerai pas mon propos développé dans un précédent billet, disant qu'à mon sens aucune conclusion nationale ne pouvait être tirée d'un scrutin local. Si certains veulent cependant s'amuser à ce jeux, alors jouons:
 
Sur tous les plateaux de télévision hier soir, la gauche raisonnait en nombre de victoires pour s'approprier le soutien d'une "immense majorité de français". Ce raisonnement est de bonne guerre et a pour mérite, à défaut d'être objectif, d'être pragmatique puisque le pouvoir va au gagnant, qu'il ait gagné de 0,5 points ou de 5 points. Cependant lorsque l'on prétend, comme le fait la gauche, tirer de ces élections des enseignements sur l'opinion de l'ensemble des français, se sont les chiffres bruts nationaux qui me semblent alors pertinents: Selon le CSA, 49% des français on glissé un bulletin de gauche et assimilé dans l'urne. La même étude attribue à la droite 47,5% des votants tandis que le Modem obtenait les 3,5% restants. Pour rappel, il y a neuf mois, Ségolène royale obtenait 46,94% au second tour des élections présidentielles. Il peut donc paraître exact de dire que la gauche a progressé de 2 points dans l'opinion des français durant les neuf derniers mois. Je vous laisse à tous le soin d'apprécier le caractère significatif de ce faible gain "brut" lorsque l'on sait que le total des votants est 8 millions plus faible qu'il y a neuf mois.
 
Sur la chaîne Canal+, hier soir, le socialiste Pierre Moscovici, homme généralement mesuré, se laissait aller à l'euphorie de la victoire en lâchant une fine métaphore sans doute apprise à l'ENA : la droite a pris "une branlée absolument mémorable".
 
Personnellement si à chaque "branlée" que prend la droite, la gauche fait moins de 50%, je signe tout de suite.
 
Par Arnaud Akermann - Publié dans : Politique intérieure
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 15 mars 2008
Voilà que me vient l'envie d'écrire sur un sujet assez faiblement traité par les médias internationaux ces derniers jours. Depuis une semaine maintenant, se poursuivent de violentes manifestations séparatistes à Lhassa au Tibet. Pour rappel, le Tibet est une région sous contrôle chinois depuis 1951, qui a un temps prétendu à l'indépendance et qui jouit sur le papier d'une certaine autonomie. Un gouvernement de la province autonome du Tibet est en place , très largement inféodé à la Chine, alors qu'un gouvernement indépendantiste exilé du Tibet est réfugié en Europe d'ou il tente de jouer son rôle d'opposition.

800px-Flag_of_Tibet.svg.png

Le problème du Tibet est intéressant car il n'est pas isolé. Dans une moindre mesure, ce qui se passe au Tibet est comparable à la situation Kurde, ou au Kosovo. A chaque fois on est en présence d'une province à la culture ou à la religion différente (parfois les deux) qui s'émancipe, remet en cause son appartenance à la nation et tente de se séparer. Chaque cas possède des circonstances particulières mais la question de fond reste inchangée : les peuples ont ils le droit de disposer d'eux même ?

Certains seront certainement choqués du fait même que je me pose la question. En effet pour la majorité, conformément à ce que nous a appris notre bonne éducation nationale, l'homme doit s'émanciper, s'organiser en société, puis en démocratie afin de vivre entre gens de même culture. Cependant, la question à se poser est: que ferait-on si les basques se révoltaient ? La réponse est nette, le pays basque, c'est la France, et à ce titre l'Etat enverrai des forces de l'ordre maintenir la tranquillité publique dans la région le temps des troubles. Rien à voir cependant avec la répression Chinoise au Tibet, qui est à l'image du fonctionnement communiste, violente et coercitive. Si je condamne indiscutablement la forme utilisée par les Chinois, je serai beaucoup plus tempéré sur le fond tant le droit des peuples à l'autodétermination doit être appréhendé avec précaution.

Prenons l'exemple Kosovar: la province du Kosovo appartenait à la Serbie depuis 1912 et était peuplé d'une majorité de Serbes. Peu à peu, les Albanais, qui ont toujours revendiqué la région, sont venus s'installer au Kosovo, immigration acceptée par le Serbie. Aujourd'hui les Albanais sont 95% au Kosovo, les Serbes ne sont plus que 5% et logiquement les Albanais du Kosovo et leur fameuse armée, l'UCK, a proclamé l'indépendance de la province au titre dudit droit à l'autodétermination. Etant donné l'écrasante majorité d'Albanais au Kosovo, l'indépendance a été plébiscitée par une grande majorité des Etats du nord. Maintenant imaginons que dans cinquante ans, une partie de la côte d'azur ne soit plus peuplée que par 5% de Français et que la population demande l'autonomie; je pense que nous ne ferions que peu de fait du droit à l'autodétermination.

Finalement si tout le monde s'accorde spirituellement sur le principe, force est de constater que dans les mentalités, les peuples ont d'autant plus le droit à disposer d'eux même lorsqu'ils habitent loin. Il suffit de voir combien l'ensemble des Etats colonialistes ont éprouvé de difficultés à accorder l'indépendance à leurs colonies; à commencer par la France. Il suffit de voir combien l'Angleterre s'accroche aujourd'hui encore à l'Irlande du Nord ou à l'Ecosse.

La réalité, c'est que le droit à l'autodétermination existe sur le papier mais rien ne dit à quel degré il doit être accordé. Ce droit n'est aujourd'hui plus qu'un instrument politique, que l'on invoque contre les Etats faibles et que l'on tait vis à vis des Etats puissants. J'en prend pour preuve le silence des Etats occidentaux sur la situation tibétaine vis à vis de la puissante Chine, lesquels ont été beaucoup plus prompts à réclamer à la faible Serbie, l'indépendance Kosovare.


Par Arnaud Akermann - Publié dans : International
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 12 mars 2008

Ah qu'il en avait des idées mon grand père, lorsque pendant la guerre il décida de ne plus subir la pénurie de pétrole et montait sur sa Traction un gazogène domestique pour rouler au... bois !
 
Et qu'ils en ont des idées les agriculteurs de mon Berri qui depuis longtemps déjà font tourner illégalement et intelligemment leurs tracteurs à l'huile de colza mélangée à un tiers de gasoil.
 
A croire que la France n'est plus maître en ses frontières, le baril de pétrole s'envole depuis plusieurs mois maintenant et plus personne n'a d'idée... On voudrait nous faire croire que cette hausse est inéluctable, qu'on n'y peut rien alors qu'il y a presque deux ans, notre ministre de l'économie inaugurait la première pompe "Bioéthanol" de la région parisienne à grands renforts médiatiques. Le reportage terminé, l'opération fut tellement soutenue par l'Etat que la pompe est désormais sous bâche. Pendant ce temps, la hausse du pétrole pénalise tout le monde. Pour rappel, le plein d'une berline moyenne, telle qu'une Passat, revenait à 45 euros début 2006 et frôle maintenant les 75 euros. Alors bien sûr, les râleurs me rappelleront que la TIPP constitue l'immense majorité du prix à la pompe, mais il s'avère qu'elle constitue également une part irréductible des recettes de l'Etat et que si la TIPP baisse, un autre impôt augmentera puisqu'il faut bien rembourser les boites d'antidépresseurs que les français consomment comme aucun autre pays.


pv.jpg
(Photo: Le Figaro)
 

A mon sens la vérité c'est que le pétrole est une énergie chère, le pétrole est une énergie polluante, le pétrole est une énergie épuisable et tous les jours les journaux se laissent aller à un fatalisme pathétique. On titre: "le baril à 103 dollars", "le baril à 104 dollars", "le baril à 109 dollars" et attention tous les comptes ronds on a le droit à un gros titre, "LE BARIL A 110 DOLLARS". Au final c'est pourtant tous les jours le même article qu'on lit. Cette résignation me plonge dans une colère que je ne maîtrise plus. Voilà des années et des années que les chercheurs ont découvert des énergies alternatives, et voilà des années que rien ne bouge. Je vois plusieurs raisons à cela.
 
La première: l'investissement. On avait déjà plus d'idées, voilà qu'en France on a plus d'argent; pire, on a plus d'idées pour trouver de l'argent. Personne et surtout pas l'Etat, n'est prêt à investir d'argent dans les bioénergies. Je ne parle pas de lancer des groupes de réflexion, je ne parle pas de débloquer quelques millions ou même de favoriser l'achat de voitures économes, je parle de faire venir des gens avec des tournevis pour installer de vraies pompes à biocarburant. Je ridiculise volontairement l'image pour montrer à quel point on peut nous faire croire que les choses sont compliquées alors que lorsque la volonté est là, il suffit de les commander.
 
Ce problème de volonté me mène directement à une seconde raison très liée à la première évoquée: les compagnies pétrolières. Depuis plusieurs années, la majorité des personnes expertes en énergie, s'accordent à penser que l'investissement viendra des compagnies pétrolières. En effet dans la mesure où le pétrole est une énergie épuisable, la logique est de dire que les compagnies vont développer leur futur marché; celui qui viendra après l'épuisement mondial en pétrole. Ce principe semblait logique, mais il est aujourd'hui tempéré par deux éléments:
 
    - D'une part, l'épuisement en pétrole ne semble plus si proche que cela. On nous racontait déjà en 1970 qu'en 2020 il n'y aurait plus de pétrole. En 2005 on nous expliquait qu'en 2040 c'est sûr, on serait à "sec". Aujourd'hui on nous explique qu'on pourrait peut être tenir jusqu'en 2050 mais que rien est sûr car on ne connaît pas les volumes stockés par les compagnies et les Etats. Le résultat, c'est que la pression n'est pas si forte qu'on le croyait sur les compagnies pétrolières d'investir dans une énergie alternative pour assurer leur futur.
 
   - D'autre part, le pétrole est un marché presque unanimement protégé. Le marché du pétrole est une veine pour les spéculateurs du monde entier tant ses variations sont rapides et importantes. Le marché du pétrole est un enjeu géopolitique important. Les compagnies pétrolières ont depuis longtemps protégé leur marché en rachetant bon nombre de brevets dans le but d'empêcher le développement commercial d'énergies alternatives. Et enfin l'Etat protège le marché du pétrole en interdisant légalement l'utilisation d'autres carburants non soumis à la TIPP. Ce dernier point est le plus incompréhensible à mon sens puisque l'Etat me semblerait tout aussi gagnant à élargir le cadre de la TIPP à de nouveaux carburants.
 
Ces éléments laissent entrevoir un avenir peu optimiste: le pétrole n'est pas si rare qu'il n'y paraît et le marché étant protégé la concurrence est inexistante. Les résultats économiques des pétroliers étant bons, pourquoi lancer une énergie alternative et se tirer une balle dans le pied ?
 
Pour combler le créneau qu'il occupe sur le marché de l'énergie, le pétrole n’a, aujourd'hui encore, aucune alternative valable. Une alternative valable serait un produit qui pourrait être facilement substitué au pétrole par le consommateur. Un tel produit devrait être proposé à un tarif équivalent ou moins cher, il devrait pouvoir être utilisé universellement comme l'est le pétrole, et devrait être disponible à peu près partout. Partit de cela et de tout ce qui précède, les prix peuvent toujours monter, le consommateur avalera la couleuvre puisqu'en réalité il n'a pas le choix, et ce, jusqu'à ce que les idées ne nous reviennent.
Par Arnaud Akermann - Publié dans : Politique intérieure
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 11 mars 2008


Les Parisiens du VIIIè arrondissement de Paris l'auront remarqué, voilà une semaine que se poursuit sur les champs élysées l'installation de drapeaux Israéliens et de drapeaux Français, à l'occasion du soixantenaire de l'Etat hébreux. Le président Israélien Shimon Pérès sera en visite officielle à Paris dès demain et inaugurera jeudi soir l'édition 2008 du salon du livre. Ce salon, qui par tradition était resté apolitique, sera cette année placé sous le signe d'Israël invité d'honneur de l'évènement.
 
A ce titre, de nombreux Etats arabes ont vivement protesté et les écrivains palestiniens, iraniens, saoudiens, libanais, marocains ou égyptiens vont boycotter le salon pour protester contre la politique Israelienne envers le peuple palestinien.
 
Cet article ne sera pas long car je n'ai pas envie de me lancer dans la querelle de chapelle qui oppose les parties en présence depuis une époque où j'étais encore loin de naître.
 
Je tiens simplement à émettre deux réflexions.
La première c'est qu'il me semble maladroit d'avoir choisit le salon du livre comme "vitrine" de l'anniversaire de l'Etat hébreux. Au fil de mes lectures, j'ai pu remarquer le talent particulier du peuple juif à l'écriture. Cependant je considère que la littérature étant transculturelle, elle n'appartient à personne précisément parce que tout le monde écrit. Si un écrivain ou un style doit être distingué, c'est à mon sens parce qu'il est le meilleur, mais par pour des histoires d'appartenance nationale, de religion, ni même en mémoire d'un passé tragique. Beaucoup de choses opposent Israël et ses voisins, mais la littérature fait partie des rares choses qui n'appelle pas encore à conflit. Je crains qu'une fois de plus, ce privilège accordé à l'état hébreux ne fasse que l'opposer encore un peu plus à ses voisins et ce n'est pas lui rendre service.
 
J'en arrive à mon second point. Nous connaissons tous les atrocités dont le peuple juif a été victime. A ce titre nous nous accordons tous à penser qu'un devoir de mémoire existe. Cependant, lorsque je vois cette célébration en France des soixante ans d'Israël et tous ces drapeaux sur la plus belle avenue du monde, je suis obligé de rappeler que le peuple juif ne doit pas avoir le monopole de la mémoire. Je souhaite qu'en 2012 des drapeaux Algériens flottent sur Paris pour célébrer les 50 ans de l'indépendance algérienne. Je souhaite qu'un jour des drapeaux frappés d'un sacré coeur rouge soient installés en commémoration du génocide d'un peu plus de 500 000 bretons et vendéens durant la révolution française. J'eus souhaité que les pensions militaires de retraite des combattants coloniaux aient été réévaluées plus tôt. Je déplore de nombreuses autres causes pour lesquelles le devoir de mémoire n'existe pas.


doue-ha-mem-bro.gif
 

Comprenons nous, je ne souhaite pas graduer la souffrance sur une échelle. Je souhaite simplement que les cultures soient enfin toutes reconnues dans leurs souffrances, mais aussi dans leurs richesses ou dans leur mérite. Certains me rétorqueront qu'il est impossible de tout célébrer et je leur répondrai qu'ils ont probablement raison. Commençons dans ce cas par célébrer la France, ce sera un bon début car elle en a bien besoin.

Par Arnaud Akermann - Publié dans : International
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Publicité

Présentation

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

L'auteur

  • : Arnaud Akermann
  • : Homme
  • : 26/12/1983
  • : France Paris VIIIe
  • : Né à Brive la gaillarde, je passe en Berry, en Touraine, pars en Norvège une année et termine mon droit à Paris Dauphine. Après un an et demi en cabinet je suis aujourd'hui juriste dans une entreprise promotrice de grand projets solaires. Je po
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus